AKRILLA : Seul, mais tous ensemble

C’est la première fois que l’artiste chilienne se produisait en France et c’est à la Belleviloise qu’elle a rencontré son public, qui l’attendait avec impatience. Personnellement, c’est une artiste que j’apprécie et que j’écoute beaucoup, alors j’ai décidé de vous raconter le concert, à partir de mon point de vue d’auditeur d’Akrilla.

Akrilla, c’est une artiste chilienne, icône et porteuse des valeurs de la communauté LGBTQ2IA+, qui représente aussi toute cette génération qui a grandi entre internet, les jeux vidéo, les mangas et les différents mondes fantastiques qui ont construit l’adolescence de ces jeunes. Avec son esthétique Y2K/gothique, sa coiffure iconique rouge et noire, Akrilla est le genre de chanteuse qui marque visuellement l’espace qu’elle occupe.

Mais c’est surtout sa musique qui frappe les gens. Elle mélange des sonorités d’Amérique latine avec des effets digitaux, très électroniques et pop, modifiant sa voix pour lui donner un effet robotique et autotuné, mais toujours chaleureux, rempli d’émotions qu’elle transmet dans les paroles de ses morceaux. Les basses saturées de ses morceaux viennent appuyer ce qu’elle dit et font résonner ses mots au plus profond de chacun.e qui écoute sa musique.

Akrilla, c’est le genre d’artiste qui a une communauté engagée, là pour supporter l’artiste et lui envoyer l’énergie qu’il faut avant, pendant ou après le concert. Pour preuve, les premier.ères fans étaient déjà sur place trois heures avant l’ouverture des portes. La conversation s’engageait facilement entre tou.tes, malgré que certain.es étaient venu.es seul.es. On dit souvent que la musique rassemble. C’est peut-être ce qui m’a le plus frappé en assistant à ce concert. J’y étais seul et pourtant, j’ai eu l’impression de vivre ce moment avec tous celleux présent.es à la Bellevilloise ce soir.

À ma droite, deux amis chantaient en chœur SUPERFICIAL et, quand je me retournais, un groupe était en train de danser sur POPPER!. On sentait toute la diversité de ses morceaux qui fait la richesse de sa discographie et de son univers musical jusque dans les mouvements de ses fans. Il suffisait d’observer les gens danser pour comprendre qu’Akrilla apporte différentes ambiances sur scène, suivant la chanson qu’elle décide de performer.

Entre son piano, la guitare et ses musiciens, Akrilla s’accaparait la scène de la Bellevilloise. Mais pas pour la consommer où se l’approprier. Plutôt pour pouvoir transformer l’énergie qu’elle recevait du public pour ensuite la redonner à son tour. Si je devais résumer ce concert, c’est avec cette image. J’avais l’impression d’être dans une boucle sans fin ou les spectateurs nourrissaient l’artiste, qui leur rendait ensuite sous la forme de basses saturées, de mélodies digitales et de rythmiques saccadées.

C’est un concert qui restera dans ma mémoire comme une expérience collective plus que personnelle. En rentrant, j’ai discuté dans le métro avec un.e fan de l’artiste venu aussi sans personne pour l’accompagner. Notre constat était le même. Il suffisait de tourner la tête pour chanter avec les personnes à côté de nous. Et c’est l’image qui me restera en tête pour les années à venir.

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